Nos activités > Articles > Le curé d'Ars du Beaujolais
Le curé d'Ars du Beaujolais
Publié le 24/01/2026

N° 23 - Mars 2009
Chers voisins et amis
Le curé d'Ars du Beaujolais
Chaque région et chaque ville est fière de ses héros. On aime à montrer à ses amis les œuvres qu'ils ont réalisées, comme si c'était nous qui les avions faites. Rien de plus légitime. Le retour du mois de mars ramène nos esprits vers saint Joseph, à qui ce mois est consacré. Et à son tour, la mémoire de ce saint nous fait penser à ce petit village situé sur notre commune : Saint-Joseph-en-Beaujolais.
Petit hameau flanqué sur les Monts-du-Beaujolais, il a pourtant la gloire d'avoir une belle église aux deux flèches s'élançant majestueusement vers le ciel. L'attention du passant est immanquablement attirée par la grotte de Lourdes qui en orne le parvis. S'il poursuit son chemin vers le lavoir, il aperçoit un chemin de croix bien entretenu grimpant sur le coteau escarpé. Enfin, s'il a la curiosité de poursuivre la route goudronnée quelque deux kilomètres, bien à l'écart du village, il aboutira devant une belle statue du saint protecteur du hameau, semblant vouloir bénir tout notre pays de vignobles.
Qui est à l'origine de ces monuments ? Comment se fait-il que ces joyaux se retrouvent ainsi enchâssés en un endroit si « perdu » ? Suspendant un instant la description de notre vie capucine, nous voudrions répondre à ces interrogations que les lignes qui précèdent ont suscitées à ceux d'entre nous qui n'ont pas eu connaissance de ce qui s'est passé jadis en ce lieu.
Tout commence en 1856, dans le Forez, près de Montbrison, où naît Pierre Vernet le 30 juillet. Devenu prêtre en 1881, il est nommé vicaire1 à Quincié, où il restera cinq ans. Déjà à cette époque il se fait remarquer par sa piété et gagne l'estime de son curé. Lorsqu'on venait consulter ce dernier pour demander conseil, il répondait : « Adressez-vous à mon vicaire, c'est un vrai saint. » Mais il se distingue aussi par son savoir-faire et son entrain.
En 1882, une nouvelle paroisse est créée sous le vocable de Saint-Joseph, pour desservir les hameaux écartés appartenant aux communes de Villié-Morgon, Régnié et Chiroubles. L'abbé Lentillon, nommé curé, entreprend beaucoup de travaux, mais s'endette bien vite, et la jeune paroisse menace de péricliter. C'est alors que l'évêque confie à l'abbé Vernet la tâche de redresser la situation. Il a à peine trente ans.
Le nouveau curé quitte Quincié le chapelet à la main, tirant un chariot qui transporte son pauvre mobilier. Dès qu'il aperçoit l'église de sa paroisse, il se met à genoux sur la route et promet à saint Joseph de lui élever une statue à l'endroit même, dès que le gouffre financier serait comblé. Cinq ans après, en 1891, la dette était épongée, et la statue de saint Joseph debout. Voilà une bonne idée que nous donne ce prêtre ardent : confier nos soucis matériels à saint Joseph, qui ne manquera pas de nous aider.
Dès son arrivée à Saint-Joseph s'ouvre la période la plus glorieuse de sa vie, et qui durera trente ans. Tout de suite il gagne la confiance de tous. Rien ne manque dans sa paroisse : écoles de garçons et de filles, chorales, œuvres de piété. Les besoins matériels de ses chers fidèles ne sont pas oubliés : il fonde une caisse rurale et une mutuelle-bétail, établit une compagnie de pompiers munie d'une pompe très perfectionnée. Le lavoir que l'on aperçoit encore aujourd'hui est aussi son ouvrage. Enfin — et la liste n'est pas exhaustive — il embellit l'église qu'il coiffe de deux clochers, ouvrage de l'architecte Bossan2 et aux pieds desquels il édifie un porche d'entrée ; l'intérieur se couvre de boiseries, de peintures et de magnifiques vitraux, sans parler des ex-voto (plaques de marbre portant des remerciements à saint Joseph gravés en lettres d'or pour le remercier des faveurs obtenues) qui peu à peu vont littéralement tapisser les murs.
Mais son souci principal est de conduire au ciel les âmes qui lui sont confiées. Par plus d'un trait, il ressemble à saint Jean-Marie Vianney (c'est le cent cinquantième anniversaire de sa mort cette année : encore un héros qui vient de tout près d'ici !), ce qui lui vaut le surnom de « curé d'Ars du Beaujolais ». Comme le saint curé3 il gagne les âmes au prix de lourds sacrifices : lever à 5h, jeûne quotidien ; pendant certaines missions, il entend les confessions quinze voire dix-sept heures par jour ! Il est vraiment devenu la propriété de ses paroissiens, et sa disponibilité est totale. Voici la prière qu'il récitait : « Ô mon Jésus, vivre ce que vous voudrez, là où vous voudrez, pourvu que je gagne les âmes. »
Reste encore l'énigme de la grotte de Lourdes : pourquoi ce monument en plein Beaujolais ? Comme le rappelle une plaque que l'on y peut voir, le chanoine Vernet le fit édifier en mémoire de ses cent deux pèlerinages à Lourdes. Aussi a-t-il pu dire que la petite bourgade flanquée sur les Pyrénées était sa seconde patrie. S'il y allait, ce n'était pas pour faire du tourisme. Mais il est réclamé là-bas pour les prédications et pour y diriger les prières. L'accent de sa prière était particulièrement émouvant : « Voilà un curé qui croit à ce qu'il dit » disait un jour un brave homme en l'entendant.
En 1917, il est nommé curé à la paroisse Saint-Just-de-Lyon, ce qui lui a d'abord beaucoup coûté. Voici ce qu'il écrit en 1918 : « Que de choses depuis ma retraite de l'an dernier ! Mon douloureux déracinement de Saint-Joseph, pour la nouvelle paroisse qui m'est confiée depuis neuf mois ; Saint-Just, avec nos martyrs, Fouvière, la Sainte Colline, où, malgré mes soixante-et-un ans, j'ai été transplanté. » Dans son nouveau champ d'activités il se fit aimer comme à Saint-Joseph, et il y passa encore dix-sept ans d'une activité débordante. Il ne manquait pas de revenir tous les ans dans son cher Beaujolais. C'est dans le cimetière de Saint-Joseph qu'il repose, suivant sa volonté. C'est lui qui avait fait l'acquisition du terrain, chose qui ne fut pas facile, puisque la parcelle est située sur trois communes différentes.
A sa mort, survenue en 1936, de toutes part jaillirent des éloges mêlés de la tristesse d'avoir perdu un père. Ecoutons, pour terminer le testament de ce héros qui repose si près de nous et qui veille sur nous : « Dieu m'est témoin que j'ai beaucoup aimé les âmes confiées à mes soins. Je crois leur avoir tout donné, en me donnant moi-même. Je demande pardon à toutes les personnes à qui j'aurais pu faire de la peine. [...] Et maintenant je bénis de ma main tremblante, en ce moment suprême, toutes mes âmes, afin d'aider à leur salut, et afin qu'elles puissent un jour me retrouver dans le sein de Dieu, dans les saints Cœurs de Jésus, Marie, Joseph ! »
Bien chers voisins, dans les heures d'angoisse ou dans les difficultés matérielles, nous avons des amis efficaces : le chanoine Vernet et saint Joseph. Invoquons-les avec confiance, et ils nous aideront !
1- Le vicaire est le bras droit du curé dans une paroisse.
2 - Bossan est aussi l'architecte de la Basilique de Fourvière, ...et de Régnié-Durelte !
3- Le chanoine Vernet venait deux fois par an à Ars, retrouver force et courage, auprès du
Saint Protecteur des curés.
**************************
PETITE CHRONIQUE ET FIORETTI
25 décembre 2008. Savoir jouer est une vertu ! Ainsi s'exprimait un des plus grands théologiens (saint Thomas d'Aquin). En cette veillée de Noël, après la messe, les frères étudiants représentent à la Communauté une petite saynète tirée de la vie de sainte Bernadette.
10 janvier et 14 février 2009... mais savoir travailler consciencieusement est aussi une vertu ! Nous la mettons en pratique ces deux jours, en allant couper du bois dans l’Ain. Il fait - 5°C, mais le soleil donne de l'enthousiasme.
16-20 février. « Après l'effort, le réconfort » : nos frères étudiants se « reposent » en restant assis toute la semaine, devant les copies d'examens de philosophie et de théologie.
21 février. Dans notre couvent du Gers, notre premier frère d'outre-Manche prononce ses premiers vœux, par lesquels il s'engage pour trois ans. 24 février. On parle régulièrement d'espèces en voie de disparition. Parmi elles figurent les capucins. Mais aujourd'hui, nous nous réjouissons par des pensées plus optimistes, puisque nous fêtons les huit cents ans de la fondation de notre Ordre par saint François d'Assise (1209).
7 et 28 mars. Quatre de nos frères clercs franchissent quelques étapes du sacerdoce, en recevant en ces jours des Ordres qui leur donnent de nouvelles fonctions dans l'Eglise, notamment, chanter les lectures pendant la messe.
14 mars. Hausse du chômage ? Pas partout, en tous cas. Avec entrain, nous allons aider un ami viticulteur qui a besoin de main-d'œuvre pour achever la taille de ses vignes.

Couvent Saint-François
Morgon
69910 Villié-Morgon
Les personnes qui lisent ce numéro et qui désireraient les numéros précédents et les suivants peuvent nous le taire savoir et nous laisser leur adresse.
Les Cloches Messagères expliquent nos activités et donnent des nouvelles du Couvent Saint-François et du Monastère Sainte-Claire de Morgon. N'hésitez pas à vous « abonner », c'est gratuit !
Autres articles

L'eucharistie
N°22 - 2 août 2024
Publié le 22/01/2026

La musique
N°22 - décembre 2008
Publié le 03/01/2026

Noblesse oblige
N°21 - 31 mai 2024
Publié le 17/12/2025

La récréation
N°21 - septembre 2008
Publié le 17/12/2025

L'Heure franciscaine
Une pause spirituelle en plein Paris
Publié le 11/12/2025