Complies - Capucins de Morgon

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Complies

Publié le 10/02/2026

N° 25 - Septembre 2009

 

Complies

 

Chers voisins et amis

 

       Il ya a quelques numéros, nous vous avions raconté comment l'un d'entre vous profitait de la sonnerie de fin d'après-midi pour savoir quand arrêter le travail. Quelle ne fut pas la surprise de son épouse de le voir un jour rentrer un quart d'heure plus tôt que d'habitude... La raison en était que notre horaire avait subi quelques modifications (la prière de Complies avait été avancée).

       C'est ainsi que le son de la cloche, d'une certaine manière, vous fait participer à notre vie, de même que le bruit des machines viticoles nous plonge, en quelque sorte, dans la vie du Beaujolais et nous fait vivre ses différentes phases (taille des vignes, traitement, vendanges).

       Comme nous vivons dans le même village, et que nous avons bien à cœur tous vos soucis, l'objectif de cette petite feuille est de vous faire connaître ce que nous faisons lorsque vous entendez la cloche tinter. Les meilleures choses sont celles qu'on partage !

       Nous voici donc arrivés à 17h30. La cloche nous convie à présent à Complies, le dernier des sept offices qui ponctuent la journée.

       Que veut dire ce mot étrange de « complies » ? Il vient d'un mot latin signifiant « achever, compléter » (« complere », d'où « completorium », c'est-à-dire, « compiles » en français). En effet, cette prière est venue « compléter » l'office divin. Initialement, c'étaient les vêpres qui étaient la prière du soir (« vesper » signifie « soir » en latin) or, chez les moines, la coutume était de réciter les vêpres juste avant le souper. Par ailleurs, saint Benoît (VIème siècle) tenait à ce que le repas soit pris de bonne heure, avant la tombée de la nuit, car c'est souvent la nuit qu'on fait des bêtises. N'est-ce pas à la tombée de la nuit qu'on ferme les magasins, qu'on met en sûreté les tracteurs et objets de valeur ? L'obscurité est le complice idéal de tous les méfaits : on n'aime pas être vu en train de faire le mal. Aussi saint Benoît a-t-il voulu couper court..."

       Cependant, pour qu'il y ait quand même une prière du soir avant de se coucher, on a ajouté les complies. Celles-ci existaient déjà au IVe siècle, suivant le témoignage de saint Basile. Mais c'est avec saint Benoît qu'elles ont eu la forme d'un véritable office.

       Telle est la raison d'être de cette prière : ne pas laisser la journée s'achever sans saluer notre Père du Ciel et se confier à Lui. Lorsque nous étions enfants, nous n'allions pas nous coucher sans faire la même démarche auprès de nos parents. Si nous leur avions fait de la peine pendant la journée, notre baiser enfantin réparait nos sottises ou notre méchanceté. De même, à Complies, nous demandons pardon à Dieu pour le mal que nous avons commis.

       Mais aussi, comme Dieu est maître de la vie, nous nous confions à lui pour la nuit : « In manus tuas Domine, commendo spiritum meum » entre vos mains Seigneur, je remets mon esprit. Ainsi, la pensée de la vie future revient tous les soirs. Combien d'exemples avons-nous de personnes décédées la nuit dans leur lit ! Mais qu'il est doux de mourir, lorsqu'on s'est confié à un Père tel que Dieu.

       Enfin, nous demandons aux anges de venir nous protéger pendant cette nuit. « Visitez, s'il vous plait, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi ; que vos saints anges y habitent qu'ils nous gardent dans la paix et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. »

       Voilà, bien chers amis, quelques idées sur ces prières que nous faisons à ce moment où la cloche sonne à 17h30, et quelles sont nos pensées. Bien entendu, nous ne prions pas que pour nous, mais aussi pour nos bienfaiteurs, et pour tous ceux qui nous entourent, c'est-à-dire pour vous, afin que Dieu vous garde tous !

 

PETITE CHRONIQUE ET FIORETTI

 

30 juin 2009. A 6h40, Père Pierre, ordonné prêtre la veille, célèbre sa première messe. Toute la communauté y assiste ainsi qu'une trentaine de fidèles.

27 juillet. Dans la matinée se succède l'arrivée d'une cinquantaine de personnes venues de différentes régions de France pour vivre une retraite spirituelle selon l'esprit de saint François prêchée par les pères du couvent. L'âme régénérée, ils seront « d'attaque » pour reprendre leurs différentes activités.

7 août. La communauté se rend à Ars à l'occasion du jubilé fêtant le 150eanniversaire de la mort du « Saint Curé ». Grâce au Père Régis, Capucin, nous visitons les archives de la paroisse d'Ars. Entre autres, nous apprenons qu'environ 1.000 livres ont été écrits sur le Saint Curé d'Ars. Ils sont tous là archivés et répertoriés.

28 août. Deux frères partent de bonne heure pour se rendre à l'aéroport de Roissy. Ils reviennent en compagnie d'un jeune argentin désirant devenir Capucin et se joindre à notre communauté. Le voilà donc arrivé en Beaujolais avant de découvrir début octobre notre couvent de noviciat (dans le Gers). Avec lui, quatre autres jeunes gens se présentent à notre porte pour suivre avec nous la vie religieuse.

Messes des vendangeurs. Durant le temps des vendanges plusieurs messes sont célébrées le dimanche de très bonne heure ou dans la soirée à la demande de plusieurs équipes de vendangeurs. Honneur à eux de sanctifier le dimanche, malgré le poids du labeur du jour.

Travaux de vacances. Les frères étudiants, bénéficiant de deux mois de vacances, sont recrutés par les frères lais (non-étudiants) pour assurer un certain nombre de travaux de peinture. Ne vous étonnez plus si, croisant l'un ou l'autre vous remarquez un habit brun avec des points blancs. Ce n'est pas une nouvelle mode mais plutôt une ancienne inhabileté à manier le pinceau !

 

Lu au réfectoire. Un des « best-seller » de l'été : le récit époustouflant d'un jeune franciscain allemand recruté chez les SS au début de la guerre de 40. Son courage, son érudition acquise à l'école des pères Jésuites puis lors de ses études philosophiques chez les franciscains, ses deux pieds bien sur terre et son cœur bien au ciel vont le faire déjouer les plans des « loups » et échapper à plusieurs occasions de mort certaine.

       La lecture de ce témoignage absolument étonnant vous conduit dans l'horreur de la guerre à vous faire verser des larmes. Puis, par son humour et son audace, l'auteur vous saisit soudain pour vous balancer dans les rires et l'étonnement. Dur à lire en public, mais incontournable. Un vrai bras de fer entre ciel et enfer.

« Un Franciscain chez les SS, Géréon Goldman », éditions de l'Emmanuel / éditions du Jubilé, Paris 2008.

 

 

Couvent Saint-François

Morgon

69910 Villié-Morgon

 

 

Les personnes qui lisent ce numéro et qui désireraient les numéros précédents et les suivants peuvent nous le taire savoir et nous laisser leur adresse. Les Cloches Messagères expliquent nos activités et donnent des nouvelles du Couvent Saint-François et du Monastère Sainte-Claire de Morgon. N'hésitez pas à vous « abonner », c'est gratuit !

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