Saint CONRAD de PARZHAM - Capucins de Morgon

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Saint CONRAD de PARZHAM

Publié le 03/04/2026

 

Frère Lai Capucin (1818 - 1894) - Fête le 22 Avril

 

       La vie de notre Saint Frère bavarois a surtout brillé par la merveilleuse régularité de son développement intérieur. Du berceau de ia ferme familiale au tombeau de son couvent, son pèlerinage terrestre se déroula selon le rythme rapide et soutenu d'une constante ascension vers les sommets.

       Réputé, dès sa plus tendre enfance et pendant toute sa jeunesse, un ange de piété et de vertu, il s'adonna dans le cloître, pendant plus de quarante ans à la pratique d'un tel recueillement, d'une prière si intense, de mortifications si rigoureuses, qu'un témoin du procès de canonisation a pu dire : "qu'on a peine à croire qu'un homme mortel ait jamais pu faire preuve de tant de force d'âme et d'un héroïsme aussi continuel".

       Durant sa jeunesse, il se livra avec enthousiasme à cette forme de dévotion que sont les pèlerinages. Deux d'entre eux, dédiés à la Ste Vierge, furent chers à sa piété : Kronberg, assez proche de son village natal, et celui plus célèbre d'AItôtting. Sa ferveur le poussa encore à faire partie d'un nombre surprenant d'associations pieuses. Il prit aussi l'habit du Tiers Ordre de St François au couvent d'AItôtting en 1842. Il s'acquittait avec une scrupuleuse exactitude des pratiques et observances que tout cela imposait.

       La vie angélique qu'il menait déjà, toute faite de prière, de pénitence et de charité, avait au début, suscité dans le voisinage beaucoup de plaisanteries qui firent place au silence puis à la confusion et finalement à l'admiration. Cependant, selon un dessein de la Providence - et cela pendant dix longues années - toutes ses demandes d'admission dans divers Ordres religieux demeurèrent sans résultat. Le futur frère Conrad attendait patiemment l'heure de Dieu, sans se décourager. Un jour pourtant, son confesseur, ayant jugé qu'il avait assez attendu, lui déclara : "partez chez les Capucins, c'est là que Dieu vous veut !" On imagine avec quelle joie cette nouvelle fut accueillie. Bientôt donc, notre saint se présente au noviciat d'Altötting, là même où il s'était rendu si souvent comme pèlerin.

       Sa plus grande difficulté, pendant cette période de formation fut de se défaire des idées arrêtées, des habitudes acquises, voire même des originalités qu'il apportait du monde avec sa longue expérience personnelle en matière de silence, d'oraison et de mortification. Il comprit vite que toutes ces choses étaient incompatibles avec les exigences de la vie commune, sous une Règle uniforme. Rien n'est plus dur à l'homme que de se quitter soi-même. Mais le Frère Conrad avait une intention trop droite en venant dans le cloître, et des désirs de perfection trop ardents pour qu'il reculât devant l'épreuve. Il se soumit à celle-ci sans aucune restriction, et son noviciat devint l'aurore du lumineux jour de sainteté que devait être le cours entier de sa vie religieuse.

       Dès sa profession religieuse, il fut fixé au couvent même d'Altötting où il resta pendant 41 ans le "portier de la Madone". Plus de quarante ans d'humbles services, malgré les milliers de pèlerins aux incessantes requêtes, l'interminable défilé des pauvres à servir, des importuns à satisfaire, des indésirables à éloigner, des effrontés à supporter... Certains jours de pèlerinage, la cloche de la porterie sonnait jusqu'à deux cents fois, et un témoin a assuré qu'il n'a jamais vu la moindre marque d'impatience chez le bon Frère Conrad.

       Il parcourait le couvent en tous sens, égrenant paisiblement le petit chapelet qu'il tenait continuellement enroulé autour de l'annulaire. On le vit un jour, pour obéir sur le champ à autant d'appels successifs de la cloche, remettre dans son assiette, cinq fois de suite, la première cuillerée de soupe qu'il essayât de porter à ses lèvres.

       Si le Frère Conrad impressionnait beaucoup les visiteurs par sa constante amabilité, il les marquait davantage encore par son héroïque silence. Ses réponses étaient toujours brèves et douces, et jamais il ne s'enquit des affaires temporelles de qui que ce soit, fût-ce même au regard de sa propre famille. Il savait décliner charitablement l'invitation perpétuelle au bavardage en disant, avec une grande simplicité : "j'ai encore à m'acquitter de tant de prières ! ".

       Assoiffé comme il l'était de recueillement et d'oraison et, en même temps, contraint de s'occuper par obéissance d'une foule d'affaires aussi diverses qu'absorbantes, notre saint se retirait sans cesse, à l'exemple de Notre Séraphique Père, dans le sanctuaire intérieur de son âme, là où nul bruit du monde, nulle préoccupation ne venait l'assaillir.

       Cette intense vie intérieure lui valait des grâces très particulières, des aides d'en haut dont tous les portiers de couvent ne sont pas favorisés... C'est ainsi qu'il savait toujours précisément où il devait trouver tel Père demandé au parloir. Un jour, un Père s'étant caché dans le clocher, pour finir absolument un sermon sans être dérangé par le frère portier, ne fût pas peu surpris d'entendre la voix de celui-ci l'appeler peu après, du pied de l'escalier de sa cachette-Bien que. tout le monde, au dedans comme au dehors du couvent, le tînt en très haute estime, il n'était, à ses propres yeux, que misère et néant, et ne manquait jamais de se recommander humblement aux prières des visiteurs ou de ses frères. Si les grands de ce monde, attirés par sa réputation de sainteté, venaient le consulter, il les recevait avec son amabilité accoutumée et répondait à leurs désirs, mais il préférait de beaucoup avoir affaire avec les petits et les pauvres.

       Cette sainteté humble et silencieuse, à peine cachée à l'entrée d'un cloître, fut si éclatante de simplicité évangélique qu'elle attirât à sa suite de très nombreuses âmes dans les rangs de la vie religieuse. Et quand ce modèle de toutes les vertus que fût Saint Conrad s'endormit dans le Seigneur, à l'âge de 73 ans, la consternation fût générale. Usé par la fatigue et les austérités, l'héroïque Portier, avait accompli jusqu'au bout de sa vie, avec une scrupuleuse exactitude, les multiples et rudes devoirs de sa charge.

       Sur les traits du saint mourant, une merveilleuse expression de joie céleste, en même temps qu'un doux sourire, révélèrent aux témoins présents l'heureuse destinée de cette âme bénie de Dieu.

 

Oraison

Deus, qui misericordiæ tuæ januam fidelibus patere voluisti : te supplices exoramus : ut, intercedente beato Conrado Confessore tuo, temporalia subsidia nobis tribuas et æterna. Per Dominum.

 

O Dieu qui avez voulu ouvrir à vos fidèles la porte de votre miséricorde, nous vous en supplions, par l’intersession du B. Conrad, votre Confesseur, accordez-nous les biens du temps et ceux de l’éternité. Par N. S. J. C.
 

 

 



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