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Le Bon Dieu aussi a sa vigne
Publié le 13/07/2026

N° 28 - septembre 2010
Le Bon Dieu aussi a sa vigne.
Chers voisins et amis
Comment ? Le Bon Dieu a une vigne ? C'est une nouvelle peu ordinaire. Comment est-ce possible ? Le Dieu Tout-Puissant qui. de rien, a tout fait par la seule force de sa Parole, aurait un petit coin de terre où il cultive sa vigne ? Voilà qui paraît étrange. Et pourtant : « Vigneron, le Dieu d'Israël a sa vigne » ; mais il faut tout de suite ajouter : sa vigne, « c'est son peuple ». Il semble bien que cette explication n'éclaire pas beaucoup notre lanterne et que nous restions encore dans les ténèbres. Qu'est-ce que cela veut dire ? Il s'agit ici d'une image, d'un symbole, ce dont nous faisions allusion à la fin de notre dernier numéro.
Notre monde actuel est plein de symboles ; depuis les feux tricolores et les panneaux de circulation jusqu'aux billets de banque et à la monnaie qui servent d'échange ; on peut même se perdre dans l'univers des sigles. Tous ces signes, nous les connaissons et nous savons les interpréter ; mais pour d'autres il est nécessaire de donner quelque éclaircissement. C'est ce que nous nous proposons de faire dans notre « histoire » d'aujourd'hui, en abordant ce symbole de la vigne que l'on trouve dans la Bible.
Replongeons-nous donc dans ce saint livre que nous feuilletions dans notre histoire précédente. Il nous faut maintenant remonter dans le temps et revenir environ quinze siècles avant Jésus-Christ. Les descendants d'Abraham vivent en Egypte, ils sont nombreux et forment un peuple : le peuple hébreu, et c'est Dieu lui-même qui leur avait ordonné de s'y installer. Voici le texte : « Il était une vigne : tu l'arraches d'Egypte, tu chasses les nations pour la planter, devant elle tu fais place nette, elle prend racine et remplit le pays (...) visite cette vigne : protège-la, celle que tu as plantée ». Cet extrait de la Bible mérite quelque explication. Comme nous l'avons dit, la vigne, c'est le peuple hébreu ; l'histoire de ce peuple est rendue par une comparaison : la vigne est arrachée d'Egypte et transplantée dans un autre pays. Tout cela s'est bien passé comme nous le disons, environ 1 500 ans avant Jésus-Christ, au temps de Moïse. Pharaon, le maître de l'Egypte opprimait les Hébreux par des corvées très pénibles et demandait un travail trop important. Alors, Dieu fit de grands miracles, par l'intermédiaire de son serviteur Moïse, et fit sortir son peuple d'Egypte pour le conduire jusqu'à la Terre Promise (la Palestine). Ce sont d'abord les fameuses dix plaies d'Egypte, qui obligèrent le Pharaon à laisser partir le peuple hébreu, puis le passage de la mer Rouge à pied sec et, enfin, la traversée du désert sous la conduite de Moïse. Ainsi, la vigne arrachée, ce sont les Hébreux que Dieu tire d'Egypte par sa Toute-Puissance, et la vigne replantée, c'est ce même peuple, conduit jusqu'à la Palestine et vainqueur de tous ses ennemis, qui s'installe dans cette Terre Promise et l'occupe entièrement ; voilà comment interpréter « faire place nette » et « prendre racine » dans le pays.
On aurait pu penser qu'une fois plantée dans une bonne terre, la vigne du Bon Dieu allait croître et donner de bons fruits. Bien au contraire, le vigneron a été trompé dans ses espérances. Il « avait une vigne, sur un coteau fertile ; il la bêcha, il l'épierra, il y planta du raisin vermeil. Au milieu il bâtit une tour, il creusa même un pressoir. Il attendait de beaux raisins, elle donna des raisins sauvages, du verjus. (...) Que pouvais-je faire à ma vigne que je n'aie faite ? (...) Et maintenant, que je vous apprenne ce que je vais faire à ma vigne ! En ôter la haie pour qu'on vienne la brouter, en briser la clôture pour qu'on la piétine. J'en ferai un maquis, elle ne sera ni taillée ni sarclée : ronces et épines y croîtront » ; et le texte conclut : « Eh bien la vigne de Yahvé (Dieu), c'est la Maison d'Israël (le peuple hébreu) (...). Il attendait le droit et voici l'iniquité, la justice et voici les cris ». La comparaison est ici poussée plus loin. On voit combien Dieu avait pris soin de son peuple, cela est manifesté par tous les travaux du vigneron pour sa vigne : il l'avait plantée dans une bonne terre, puis avait bêché le sol et enlevé les pierres ; il avait même construit une clôture pour la protéger. C'est vrai. Dieu avait ménagé son peuple en l'installant dans une terre hospitalière, une bonne terre. Il l'avait enseigné par l'intermédiaire de son serviteur Moïse, enlevant les obstacles des superstitions et lui montrant la vérité, le protégeant contre ses ennemis. Malgré tous ces bienfaits, le peuple hébreu s'est détourné de Dieu, il a commis l'iniquité. Au lieu de garder les commandements qu'il avait reçus, il s'en est détourné et a adopté les religions païennes des peuples voisins. Au lieu de produire de bons fruits, d'être un peuple de saints, de justes, le peuple hébreu ne valut pas mieux que ses voisins.
Après tant de soins, Dieu finit par envoyer un châtiment ; c'est ce qu'annonce la fin du texte : La vigne est abandonnée. En effet, six siècles avant Jésus-Christ, le peuple hébreu dut quitter la Terre Promise. Jérusalem, sa capitale, fut entièrement détruite, et tous les habitants de la ville et du pays furent emmenés captifs à Babylone, capitale du roi vainqueur, Nabuchodonosor : Cela donne matière à réflexion...
Ainsi agit toujours le Bon Dieu. Il fait don de la vie à chacun de ses enfants, les hommes, puis les comble de bienfaits ; et bien souvent, ses enfants sont ingrats, ils ne pensent même pas à leur Père, encore moins à le remercier ; alors, il ne reste plus que le châtiment pour ceux qui deviennent obstinés. Mais, « un jour viendra où la vigne s'épanouira sous la garde vigilante de Dieu. Elle lui sera désormais fidèle ». C'est l'espoir qui renaît : « ce jour-là, la vigne délicieuse (...) Moi, Yahvé (Dieu), j'en serai le gardien ; à tout instant, je l'arroserai de peur que ne tombe son feuillage ; nuit et jour je la garderai. (...) Qu'il y ait épines et ronces : je leur ferai la guerre, je les brûlerai toutes ! (...). Qu'on fasse la paix avec moi ! » Lorsque les Hébreux, après le terrible châtiment de la déportation à Babylone, revinrent peupler Jérusalem et sa région, ils demeurèrent fidèles à Dieu et ne tombèrent plus dans l'idolâtrie en adoptant les religions païennes de leurs voisins. Dieu renouvelait ses bienfaits, en entretenant la vigne avec tout le soin dont il est capable.
Dans la Bible, le symbole de la vigne a été largement utilisé ; d'abord parce que la vigne était une richesse en Palestine, en ces temps anciens — elle était très répandue et cultivée par la population — mais aussi et surtout parce qu'elle offrait une comparaison que tous pouvaient saisir parfaitement : la vigne faisait partie de la vie quotidienne du peuple hébreu.
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PETITE CHRONIQUE
Mai. Panne de cloche : Pour ne pas réveiller tout le village, nous utilisons une petite cloche qui se trouve dans le cloître et qui appelle tous les matins un peu après six heures, pères et frères pour réciter l'office. Mais voilà qu'un jour, elle refuse le service. En prenant un peu de recul, on voyait qu'elle faisait triste mine. Après démontage, on constate une usure sur un côté de l'anse qui, finalement, a cédé. Après bien des années de service, elle a rendu l'âme. Mais, après une astucieuse réparation, la voilà repartie pour une seconde jeunesse ! Toujours discrète, elle appelle à nouveau les religieux pour l'office.
Juin. « Clac » ! Ainsi s'est joué la dernière scène du feuilleton, « Une fouine au monastère Sainte Claire ». Cela s'est passé une nuit de juin. Depuis de longs mois nos religieuses étaient victimes de nuisances provoquées par cet animal. Un piège avait été installé à plusieurs reprises, sans succès. Mais cette fois, la fouine s'y est laissée prendre. Souhaitons que d'autres animaux de ce genre ne soient pas attirés par la vie religieuse !
29 juin. Fête de famille au couvent saint François : Notre Père Crispin fête son jubilé ; 25 ans de sacerdoce (il fut ordonné prêtre le 29 juin 1985), fête solennisée le dimanche 4 juillet.
12 août. Grande affluence au monastère sainte Claire, ce matin. La chapelle est bien trop petite pour contenir environ 80 personnes ; des bancs ont même été installés à l'extérieur pour suivre la cérémonie et la messe. Notre Sœur Jacinthe, en effet, prononce ses vœux solennels et s'engage définitivement dans la viereligieuse.

Couvent Saint-François
Morgon
69910 Villié Morgon
Les personnes qui lisent ce numéro et qui désireraient les numéros précédents et les suivants peuvent nous le faire savoir et nous laisser leur adresse. Les Cloches Messagères expliquent nos activités et donnent des nouvelles du Couvent Saint-François et du Monastère Sainte-Claire de Morgon. N'hésitez pas à vous « abonner », c'est gratuit !
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