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Bx BENOIT D'URBIN
Publié le 24/08/2026

Bx BENOIT D'URBIN Prêtre capucin (1560 -1625) Fête le 29 Avril
Originaire d'une illustre famille, Marc Passionei naît le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix. Déjà cet enfant semble marqué du signe de la Croix et de la souffrance...
Pour entrer chez les capucins, il rencontre de nombreux obstacles de la part de sa famille, de son évêque et des capucins eux-mêmes. Enfin accepté, Frère Benoît contracte une grave maladie pendant son noviciat. Ses supérieurs sont d'avis qu'il doit retourner dans le monde. Il se tourne alors vers la Sainte Vierge qui le guérit.
Il gardera toute sa vie une vive reconnaissance envers sa Protectrice. Chaque jour, il récite, à genoux et mains jointes, la Couronne et baise terre à chaque Ave. A ceci, il faut ajouter le petit office de la Sainte Vierge, 3 stations qu'il a l'habitude de faire devant son image et une neuvaine de jeûnes en préparation à chacune de ses fêtes.
Il fait également 3 stations à la croix et 3 visites au St Sacrement. Bien entendu, il n'omet jamais l'office des morts, celui du St Esprit et de la croix, les 7 psaumes de la pénitence, la couronne de la Passion et une multitude d'autres dévotions. "La prière, dit-il, est un signe et un moyen de salut".
Un jour, il arrive au couvent de Senigallia1; tout est prêt pour le repas. Son compagnon de voyage le prie d'aller au réfectoire. Le Père Benoît lui demande s'il a récité l'office. "Comment, s'écrie-t-il, vous pourriez manger sans avoir satisfait à ce devoir ! Pour moi, je craindrais que le 1er morceau ne m'étouffât !"
Etudiant, il ne fut pas asséché par l'étude. Au contraire, la théologie nourrissait sa piété et son esprit d'oraison. "Accordez-moi, Seigneur, la science qui apprend à vous connaître, mais faites-moi surtout la grâce de vous aimer, car je ne veux vous connaître que pour vous aimer".
Bien que son origine illustre et son intelligence très vive attirent vers lui des auditeurs raffinés, le Père Benoît prêche de préférence aux humbles et aux pauvres. Il prêche Jésus et Jésus crucifié.
En 1598, il accompagne St Laurent de Brindes en Allemagne. Pour tout bagage : son crucifix, son bréviaire et une petite cassette contenant une image de la Très Sainte Vierge, ornée au départ de l'Italie par quelques fleurs restées fraîches jusqu'à Vienne. Notre bienheureux s'y distingue par un zèle hors du commun au point qu'on le tient véritablement pour le fondateur de la mission des Capucins en Allemagne. Au bout de 4 ans, il fallut le rappeler en Italie, car ses forces étaient épuisées.
Son remarquable amour de l'observance régulière le fait nommer gardien. Il gouverne plus par l'exemple que par la parole : il nettoie l'église avec le sacristain, balaye les corridors avec les novices et les étudiants, porte la besace du quêteur... Au P. Général qui lui conseille de laisser la vaisselle aux novices, il répond doucement : "Père, je crois qu'ils prendront meilleur exemple en voyant leur gardien laver les écuelles : ils apprendront par là que les habitudes du noviciat se doivent pratiquer toujours et par tous".
Lorsqu'il s'agit de réprimander un frère, il l'appelle et, avec beaucoup de douceur: "il y a eu faute, il faut absolument une réparation ; ou vous ou moi devons faire la pénitence ; si elle vous est trop désagréable, je la ferai moi-même". Et après avoir imposé la pénitence, il se l'applique à lui-même et la fait avec le frère fautif. Il en est de même quand un religieux demande la permission de faire une pénitence extraordinaire.
La santé du Père Benoît est si fragile qu'on se demande s'il fut un jour en parfaite santé : estomac délicat, douleurs néphrétiques, plaies aux jambes, hernies douloureuses qui nécessitent 15 fois l'intervention du chirurgien. Sa vue très faible lui occasionna de nombreuses chutes au cours de ses voyages, qu'il a toujours exécuté à pied. A certains qui lui conseillaient de se conserver, il répondait : "Me conserver, mais je n'ai vu cette recommandation ni dans l'Evangile, ni dans la Vie des Saints. C'est Dieu qui nous conserve et nous, nous devons nous dépenser".
Il poussa la sainte obéissance à un tel degré qu'il semblait ne pas pouvoir vivre sans la pratiquer. Quand il n'était pas supérieur, il octroyait à tout religieux le droit de lui commander. A la quête, il ne bougeait que lorsque son compagnon lui disait : "Père, allons." En carême, un frère lui disait : "goûtez ceci" - il y goûtait. "Ne mangez pas cela !" - il n'y touchait pas. Un clerc lui disait : "montez en chaire !" - il ne s'inquiétait pas de savoir s'il y avait ou non des auditeurs.
Dans sa cellule, qu'il choisissait toujours étroite et incommode, il y avait quelques planches en guise de lit, une table, un escabeau et son bréviaire. Il écrivait tous ses sermons sur des bouts de papiers trouvés au rebut. Il manifestait aussi son amour pour Dame Pauvreté par le soin des pauvres : "Donnez-leur quelques noix, disait-il au frère portier, si vous n'avez pas autre chose à leur donner : mais de grâce, ne les renvoyez pas les mains vides".
A la fin de sa vie, épuisé par les labeurs et les maladies, il se lamentait devant son compagnon qui prenait la discipline : "Oh, malheureux que je suis de ne pouvoir plus faire aucun bien !". Après avoir reçu les derniers sacrements, au jour qu'il avait prédit, il s'endormit du sommeil des justes. A peine eut-il rendu le dernier soupir, qu'une odeur de myrrhe et d'encens s'exhala de son corps, et les fidèles accoururent en foule au couvent des Capucins, où son tombeau se rendit bientôt célèbre par de nombreux miracles.
ORAISON
Nous vous supplions, Seigneur, Dieu tout-puissant,
par la mortification de la croix que le Bx Benoît, votre confesseur,
porta toujours dans son corps en méprisant les délices du monde,
Faites qu'ayant renoncé aux voluptés de ce siècle,
nous vivions ici-bas dans la justice et la piété.
Par Jésus-Christ Notre-Seigneur...
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