La Sainte Vierge au secours des vignerons - Capucins de Morgon

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La Sainte Vierge au secours des vignerons

Publié le 08/09/2026

N° 30 – Avril 2011

 

LA SAINTE VIERGE AU SECOURS DES VIGNERONS.

 

Chers voisins et amis

 

       A l'ouest de Belleville se dresse un petit mont dont la base et les flancs sont chargés de vignes. Des bois et quelques pâturages se partagent son sommet. Cette haute colline porte le nom de Brouilly, qu'elle donne à un cru du Beaujolais. Mais autrefois, elle avait un privilège qui la rendait plus estimable encore. A sa cime avait été placée une croix monumentale qui, tel un phare, entretenait la lumière de la foi dans les âmes, avivait l'espérance, et sanctifiait les joies. Puis, le temps et ses vicissitudes ont fait disparaitre cette croix. Cependant le lieu ne fut pas déserté puisqu'on y éleva une statue, à une époque plus récente. Que représentait-elle ? Nous ne le savons pas. Mais, il y a bientôt deux siècles, quelques débris attestaient encore de son existence ... et de sa destruction.

       Aujourd'hui, plus qu'une croix ou une statue, une chapelle y est bâtie. Cet édifice de style ogival à l'aspect religieux, rappelle les grandes constructions du Moyen-Age. On honore en ce lieu la Très Sainte Vierge Marie, dont l'image sculptée domine la façade tournée à l'orient. Notre Dame de Brouilly est fêtée le 8 septembre, fête de la naissance de la Sainte Vierge ; date à laquelle on offre à la Reine des Cieux les prémices de la récolte de l'année. Pourquoi donc cet hommage des vignerons à leur mère céleste ? Pour répondre à cette question, il nous faut remonter plus d'un siècle et demi en arrière.

       1851. L'oïdium, cette maladie de la vigne, frappe le Beaujolais. Ce fléau est inconnu dans la région. Malgré le courage et le travail acharné des vignerons, rien ne peut enrayer le mal. Il faut se rendre à l'évidence, on ignore la cause et les remèdes. Cela présageait une bien mauvaise récolte. Elle fut même catastrophique. De nombreux vignerons ne récoltent pas un seul raisin. L'année suivante la maladie sévit toujours et s'étend. On ne tire plus rien du vignoble. De louables essais sont encore tentés pour guérir la vigne, en vain. La peine, la gêne, l'indigence pénètrent dans les familles. Que faire ?

       En 1853 un projet voit le jour. Dans les circonstances fâcheuses, mais non désespérées, les pensées se portent vers la Providence. Les moyens humains ne pouvant conjurer le fléau, il est temps de recourir à elle pour qu'une aussi grande calamité finisse. Puisque le haut de la colline de Brouilly n'a plus ses signes religieux, il est décidé d'y bâtir un petit sanctuaire en l'honneur de la Mère de Dieu, sur lequel serait sculptée son image. Ainsi les vignerons et leurs biens se plaçant sous sa protection spéciale, demanderaient son intercession pour enrayer le fléau. En octobre, un prospectus est diffusé pour susciter un généreux élan de toute la population et réaliser ce projet. Une commission est formée pour récolter des fonds. Dès que le projet de construire une chapelle à la Sainte Vierge fut mis à exécution, le fléau cessa soudainement dans le pays, sans aucune explication. Aucune ? Ne fallait-il pas s'en douter ? Qui peut battre en générosité la Très Sainte Vierge Marie ? Cette tendre mère est toujours à l'écoute de ses enfants ; lorsqu’ils sont dans le besoin et demandent humblement, elle vient à leur secours

       1854. Après trois ans de noire misère, la récolte est prometteuse ; elle est même exceptionnelle. Clin d'œil de la Sainte Vierge : ce sont les villages qui furent les plus généreux dans leurs offrandes pour l'édification de la chapelle qui récoltèrent le plus ! Charentay, qui avait été le village le plus touché, et où les récoltes de ces tristes années furent nulles, donna le plus généreusement et récolta le plus abondamment ; depuis cette année mémorable, ses habitants n'ont enregistré, dans les années suivantes, que d'excellents résultats, donnant l'aisance à toutes les familles qui, reconnaissantes, se firent un devoir de manifester ce bienfait insigne de la Sainte Vierge.

       Le 16 octobre de cette même année, une cérémonie religieuse eut lieu au sommet de la colline de Brouilly. Monsieur le curé de Belleville bénit la première pierre, et une plaque y fut scellée sur laquelle on pouvait lire : « Chapelle fondée en 1854, par les populations du Beaujolais, en l'honneur de la Sainte Vierge, contre le fléau de l'oïdium ou maladie de la vigne ». L'inauguration eut lieu le 8 septembre 1857. Plus de vingt communes se rendirent en procession jusqu'au nouveau sanctuaire pour entourer leur évêque qui procéda à la consécration. Seuls quelques privilégiés purent assister à la première messe qui y fut célébrée, mais tous étaient unis dans des sentiments de reconnaissance envers la Vierge Marie qui avait délivré ses enfants d'un péril des plus menaçants.

       Notre Dame de Brouilly, secours des vignerons, priez pour nous !

CHRONIQUE

Février. Deuil en Beaujolais ! l'agrandissement du parking, à la fin de l'année dernière, avait déjà englouti la moitié de la parcelle de vigne du Couvent ; désormais c'en est fait de l'autre moitié qui vient d'être livrée en pâture à une pelleteuse.

19 mars. En la fête de saint Joseph, quatre de nos frères s'engagent définitivement dans la vie religieuse, en prononçant leurs vœux solennels. Trois d'entre eux seront ordonnés prêtres l'an prochain.

20 mars. Dans l'après-midi se déroule le traditionnel pèlerinage à saint Joseph, suivi, comme l'année précédente, d'un chemin de croix en réparation des outrages faits à Notre Seigneur Jésus-Christ, à sa Sainte Mère et à la religion catholique.

 

 

Couvent Saint-François

Morgon

69910 Villié Morgon

 

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